CHRONIQUE DU VENDREDI N° 157 DU 26 MAI 2017

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Archives de l’APECSY

La chronique du VENDREDI (La CDV)

Par

Dr Serigne Mbaye DIENE (Khalifa)[1]

Président de l’APECSY

N⁰157du 26mai 2017

 

 

LE THEME DE LA SEMAINE :       Les assemblées générales de L’APECSY : Enjeux et leçons apprises (suite 3)

 

L’Assemblée Générale constitutive de l’APECSY de mars 1982 fut un moment historique dans l’évolution du village de Yoff, en ce qu’elle représentait une concrétisation de l’intention  d’un groupe de volontaires, relativement jeunes, d’apporter des changements dans la gestion des affaires du village de Yoff. L’argumentaire solide préparé par ces derniers pour se faire accepter et accréditer par les tenants du pouvoir gérontocratique de l’époque, a été abordé dans le précèdent numéro et continue dans le présent.

 

Les points saillantsdu rapportintroductif présenté lors de l’Assemblée Générale constitutive de mars 1982 (suite)

            Dans le précèdent numéro, l’analysede la situation du village à l’époque avait été peinte dans ses aspects reliés aux questions domaniale et urbanistique, del’exploitation des potentialités économiques notammentl’agriculture, l’élevage et la pêche.

Qu’en était-il des problèmes de l’artisanat, du tertiaire et autres questions de la vie quotidienne ?

            « a)      L’artisanat

            Yoff regorge de maçons, de ferrailleurs, de menuisiers, de charpentiers, d’ébénistes, de tailleurs et de photographes dont la compétence et la dextérité sont reconnues mais malheureusement ne sont pas assez organisés pour rentabiliser davantage leur savoir-faire.Il s’avere  donc nécessaire de les recenser dans chaque sous-secteur,  les regrouper, les former et leur faire bénéficier de l’encadrement de la SONEPI[2] et surtout de la SOSEPRA[3] qui pourraient leur faciliter l’accès au crédit bancaire. Il convient de les aider à s’insérer dans un circuit de relations pouvant leur permettre d’avoir des débouchés et de gagner des marchés.

  1. b) le Secteur Tertiaire

Yoff commence à collectionner malheureusement des sociétés ayant fait faillite lamentablement : la CSO et la STI ; ces échecs semblent liés à :

–           la faiblesse et la fermeture du capital ;

–           l’absence notoire d’études rigoureuses et systématiques avant la création ;

–           l’absence de bons gestionnaires et de critères objectifs dans le choix des membres du conseil d’administration.

 

            Toutefois, il faut tirer les leçons de ces échecs qui ne doivent nullement décourager les initiatives privées pour l’exploitation de nos potentialités économiques et la mise en valeur de nos ressources. Tout au contraire, il faut tendre à drainer l’épargne des tontines et associations féminines vers la constitution de capital des sociétés et inciter les villageois à l’achat massif d’actions.S’agissant de la coopérative multifonctionnelle de Yoff, on doit déplorer la faiblesse des achats par les consommateurs Yoffois ; bien que ses prix soient des plus abordables. Tous les villageois doivent être sensibilisés sur l’intérêt que cette Coopérative présente pour la régularisation de l’approvisionnement du village en denrées alimentaires. L’extension de la gamme des produits à la clientèle est souhaitable.

            Pour mieux contrôler et stabiliser le petit commerce de détail dans le village, il est indispensable de la doter d’un magasin SONADIS[4] et de magasins témoins dans chaque quartier, et créer des brigades de vigilance pour le contrôle des prix,

            3°) La vie sociale et problèmes y afférents

Sous la pression de certaines forces résultant de la dislocation des structures sociales traditionnelles et des effets de l’urbanisation accéléré du village, Yoff est devenu le théâtre de faits et comportements qui doivent être au centre des préoccupations des autorités coutumières, religieuses et administratives et surtout de sa jeunesse:

  1. a) développement de la délinquance juvénile et de l’inconscience sénile de l’alcoolisme, de la drogue et de toutes les formes de prostitution affichée ou déguisée.
  • Multiplication des débits clandestins de boissons alcoolisées ;
  • Existence de fumoirs et d’un réseau de trafic de « yamba » ;
  • Installation de la débauche prolifération des maisons semi-close fréquentées par des mineurs pervertis par les adultes.

 

  1. b) fréquence des vols et actes de brigandages commis par les villageois pressés par le besoin ou en connivence avec des individus soupçonnés d’être venus trouver refuge dans ce coin réputé calme ;
  2. c) graves déviations constatées dans les cérémonies familiales (mariages, baptêmes, deuils, pèlerinage à la Mecque …) qui sont devenues l’occasion de superfluités ostentatoires caractérisées par un gaspillage de fonds, le plus souvent puisés à des sources douteuses anormales ou impudiques ;
  3. d) proliférations des associations féminines (« masses, Tek-Tontines ») sont le développement anarchiqueet accompagné d’effets pernicieux et perturbateurs de l’équilibre social :
  • incitation à la débauche due à l’augmentation des besoins d’argent ;
  • rivalités entre femmes ou groupes de femmes ;
  • crises à l’intérieur des ménages ;
  • invitation à l’étalage des richesses etc……

 

            4°) Les Aspects liés à la vie quotidienne

  • Les difficultés de l’approvisionnent en eau contre lesquelles il faut inciter les chefs de ménage à solliciter des branchements individuels ;
  • L’éclairage public : avec la percée de nouvelles voies d’accès et l’extension relative du village, il est nécessaire de reconsidérer et d’étendre le réseau de poteaux électrique et l’installation de lampadaires ;
  • Avancée de la mer : il importe de prendre des mesures de sauvegarde en procédant au recensement rapide des sinistrés et en faisant déguerpir dès maintenant les familles les plus exposées. C’est là une raison suffisante pour rendre caduque les textes fixant des limites au village ;
  • La propreté et l’hygiène : notre village ne présente pas toujours son visage le plus souriant en raison des ordures ménagères et eaux usées déversées n’importe comment. Il est indispensable d’organiser périodiquement des journées d’investissement humain pour la sauvegarde de l’hygiène et de la salubrité publique ;
  • La pollution sonore : le prolongement de la piste d’envol 019 vers le village a accentué les méfaits de la pollution sonore due aux avions, qui comporte des conséquences morbides sur les populations riveraines : l’acuité auditive des populations surtout des enfants est insensiblement réduite et peut se traduire pour ces derniers par une surdité relative génératrice d’échecs scolaires ;
  • L’anarchie de la circulation automobile et hippomobile dans le village et en dehors sur l’autoroute, nécessite une signalisation plus conforme au code de la route.»

Lire la suite dans les prochains numéros de la CDV. Vous pouvez trouver les numéros précédents de la CDV dans le site web de l’APECSYwww.apecsy.sn

 

[1]En collaboration avec M. Seydina Issa NDIAYE LAYE, Ancien Maire de Yoff, Conseiller Technique en Administration de l’APECSY, M. Ibra GUEYE dit Mame Ibra GUEYE, 1er Vice-président de l’APECSY, Dr Oumar DIENE, Assistant du Président en matière d’Etudes, Planification, Coordination Administrative et Financière (AP.EPCAF) de l’APECSY, Mlle NdèyeBineta Laye NDOYE, Assistante du Président en matière d’Administration et de Gestion des Ressources Humaines (AP.AGRH) de l’APECSY, Mame Mbouye DIENE, Assistante du Président, chargée de la Préparation des Etudes, de la Gestion des Publications et des Archives (AP.PEGPA)qui, chaque semaine font la revue avant publication du numéro de La CDV.

[2]Société Nationale d’Etudes et de Promotion Industrielle

[3]Société Sénégalaise de Promotion de l’Artisanat

[4]Société Nouvelle pour l’Approvisionnement et le Distribution au Sénégal (SONADIS

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